Musashi

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dimanche 13 novembre 2016

Les nouveaux enfants du siècle : les fracassés sont ceux qui ouvrent la voie


Le nouveau livre d’Alexandre Devecchio élucide deux impressions que nous ressentons tous confusément : La France joue sa survie dans les années qui viennent et sa jeunesse - tout en étant fracassée – en appelle au plus profond de l’histoire et de la symbolique de notre pays, afin d’élever sa force à la hauteur du péril qu’il encourt. 

Ceux que nous pensions les plus écrasés et les plus désorientés, les vingt printemps de la France de 2016, sont ceux qui trouvent ces ultimes ressources, puisant leur force dans un passé millénaire que l’on a pourtant tout fait pour leur arracher.

mardi 1 novembre 2016

Le nouveau charme discret de la bourgeoisie



« Pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n’importe quel abaissement de la nation. »

Charles de Gaulle


Ils ne sont plus réactionnaires, c’est trop critiquable et dépassé.

Ils prônent une société multiculturelle mais mettent leurs enfants dans des écoles où ils n’auront pas à s’y confronter. Ouvrons-nous aux autres, mais restons tout de même entre nous n’est-ce pas ?


Ils veulent sauvegarder l’environnement et la planète et pour cela roulent en vélo ou vont à pied. Bien sûr, ils savent qu’ils font partie de l’infime partie de la population qui peut se permettre de se rendre à son travail de cette façon.

Pour sauvegarder ce privilège, ils sont prêts à rendre la circulation impossible ou interdite dans leur environnement préservé. Cela fait tellement écologiste, n’est-ce pas ? Qu’ils provoquent de monstrueux embouteillages, augmentent drastiquement la pollution et accablent de fatigue plusieurs millions de personnes, les privant de cette précieuse demi-heure supplémentaire pour leur vie de famille et leurs enfants, cela n’est pas leur problème. Après tout, ceux-ci peuvent prendre les transports en commun. Eux ne les prendront jamais : ils sont ouverts et progressistes, mais leur mode de vie est réservé à une certaine caste.



samedi 29 octobre 2016

VIRTUS



Virtus. Le terme romain fut forgé sur les champs de bataille, désignant la bravoure et la détermination au combat. Plus tard, il prit par extension le sens de valeur, de mérite, qu’octroie la fermeté d’âme.

Les significations françaises auxquelles il donne naissance sont multiples : vertu bien entendu, dans son acception morale comme dans le principe puissant et intrinsèque renfermé par une chose, telles les vertus médicinales d’une plante. Sa racine « vir » désigne le principe masculin, celui de l’adjectif « viril ».

Les glissements sémantiques sont toujours révélateurs. En français et de nos jours, le terme de « vertu » est devenu quasi péjoratif. L’attachement à des principes et des valeurs est moqué comme étant suranné et naïf, ou bien effarouché. La vertu est devenue une pudeur de vierge ou encore la défense pathétique du bigot s’accrochant à des principes disparus sous le cynisme de l’époque. Dans la France de 2016, l’éthique est une faible protestation un peu ridicule, pour les Romains elle est une mâle affirmation.



vendredi 14 octobre 2016

Un dirigeant du 21ème siècle



Président, j’en ai tant rêvé. Lors de ma campagne, seule comptait la victoire. Je ressens maintenant un léger goût d’amertume et d’ennui, une fois dans la place. Je voudrais être sans cesse dans cette effervescence où mes promesses sont gratuites, où il me suffit de communiquer et de faire rêver sans avoir à rendre de comptes.

Car ma vie est dure, savez-vous ? Oh, je vous vois sourire. Mais cela est difficile de rêver d’être puissant et de ne pouvoir rien.


vendredi 30 septembre 2016

Qu'est-ce que la laïcité ?



«Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France: ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération.»

Marc Bloch


«La république est laïque, la France est chrétienne.»

Charles De Gaulle


La définition première de la laïcité est celle d’une impartialité de l’état et de toute puissance publique vis-à-vis des religions pratiquées au sein de la nation : dès lors que la res publica est en jeu, la laïcité enjoint les citoyens de laisser leurs croyances au vestiaire. Ceci est particulièrement utile dans le cas de l’éducation nationale, l’apprentissage des sciences et des savoirs fondamentaux nécessitant de se discipliner pour ne pas laisser interférer nos croyances personnelles.

Les deux citations en exergue de Marc Bloch et du Général questionnent ce sens premier, semblent montrer qu’au-delà de la définition formelle, un paradoxe doit être affronté pour en goûter pleinement le sens. Marc Bloch choisit sciemment de juxtaposer le symbole même de la royauté chrétienne française avec la fondation des principes républicains de la France. Que faut-il y lire ? Et quel sens donner à la contradiction voulue dans la phrase gaullienne ?

samedi 17 septembre 2016

Donald Trump est-il une ruse de la raison ?



Que révèle cette candidature ?

Démagogue, sexiste, raciste, grossier, simpliste, vulgaire, inconscient, … aucun épithète n’a manqué à l’appel dans les jugements portés sur Donald Trump, y compris et en premier lieu en provenance de son propre camp politique.

Je refuse de rentrer dans ce débat, de rentrer dans cette guerre des jugements et des alertes. Il est impossible à ce stade de savoir qui est Donald Trump, quelle est la mesure de ce qu’il pense sincèrement et du personnage qu’il joue, des dérapages voulus ou non contrôlés, de la part de bêtise ou de provocation savamment calculée.

Certaines interviews suggèrent que le personnage est plus complexe qu’il n’y paraît, que la folie de nos interventions au moyen-orient qui ont plongé le monde dans le chaos lui est évidente, qu’il paraît presque sage sur ces sujets. Ses déclarations publiques sont quant à elles inquiétantes, mais à un point tel qu’en sonner l’alerte est un truisme.

Aussi la question n’est pas tant de s’horrifier de la candidature de Donald Trump que de savoir ce que signifie qu’une telle candidature ait été rendue possible. Quelles sont les vagues de fond plus profondes qu’il est possible de détecter, derrière le fait que le candidat élu et désigné des républicains est à présent un tel homme ?

vendredi 26 août 2016

Un vrai festival


Je ne voulais vraiment pas en parler, tant le sujet relevait pour moi de l’évidence. Apparemment, à part chez quelques individus et veilleurs indépendants, toute pensée un tant soit peu cohérente a été définitivement anéantie dans la sphère politico-médiatique.

La question du burkini n’est en rien un débat sur la liberté de choix, sur la tolérance de nos sociétés, sur « le droit à s’habiller comme l’on veut », comme j’ai pu le lire sous la plume de quelques ravis de la crèche néo-libéraux ou socialistes.

Placer la discussion sur ce terrain serait revenu à défendre en 1933 le droit aux fringants jeunes gens nommés les SA de porter ces jolis brassards ornés d’une croix gammée, comme s’il s’agissait d’un simple choix vestimentaire.

Le burkini n’est ni un choix vestimentaire parmi d’autres, ni un signe religieux, ni même un vêtement propre aux femmes d’une communauté. Le burkini est un uniforme, un vêtement de combat d’une armée totalitaire en ordre de bataille, ne rêvant que de faire la peau à l’occident et plus généralement d’écraser tous ce qui n’est pas eux. Qui plus est, ces rêves de destruction et de domination sont devenus leur seule raison d’être et le seul moteur de leur existence, sans qu’aucun accomplissement positif ne vienne s’y glisser.