De toutes les démocraties, il n’en est guère qui se soient enfoncées aussi
profondément que les USA dans toutes les perversions possibles du jeu
politique, mais il n’en est guère non plus qui aient laissé une totale liberté
de parole à ceux qui dénonçaient les fautes de leur pays.
Les jugements à l’emporte-pièce sur l’actuelle première puissance échouent
tous pour cette raison : les USA exercent la séduction du grand pêcheur
qui toujours demande rédemption, du mauvais garçon qui parle sans détour de ses
propres défauts.
Je ne peux moi-même me départir d’un sentiment de séduction pour ce pays
chaque fois que je m’y rends. Nulle part ailleurs ne pratique-t-on l’hypocrisie
sociale avec un pareil degré de sophistication, mais nulle part ne dénonce-t-on
celle-ci avec une telle fermeté sans détours.






