Musashi

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vendredi 14 octobre 2016

Un dirigeant du 21ème siècle



Président, j’en ai tant rêvé. Lors de ma campagne, seule comptait la victoire. Je ressens maintenant un léger goût d’amertume et d’ennui, une fois dans la place. Je voudrais être sans cesse dans cette effervescence où mes promesses sont gratuites, où il me suffit de communiquer et de faire rêver sans avoir à rendre de comptes.

Car ma vie est dure, savez-vous ? Oh, je vous vois sourire. Mais cela est difficile de rêver d’être puissant et de ne pouvoir rien.


vendredi 30 septembre 2016

Qu'est-ce que la laïcité ?



«Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France: ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération.»

Marc Bloch


«La république est laïque, la France est chrétienne.»

Charles De Gaulle


La définition première de la laïcité est celle d’une impartialité de l’état et de toute puissance publique vis-à-vis des religions pratiquées au sein de la nation : dès lors que la res publica est en jeu, la laïcité enjoint les citoyens de laisser leurs croyances au vestiaire. Ceci est particulièrement utile dans le cas de l’éducation nationale, l’apprentissage des sciences et des savoirs fondamentaux nécessitant de se discipliner pour ne pas laisser interférer nos croyances personnelles.

Les deux citations en exergue de Marc Bloch et du Général questionnent ce sens premier, semblent montrer qu’au-delà de la définition formelle, un paradoxe doit être affronté pour en goûter pleinement le sens. Marc Bloch choisit sciemment de juxtaposer le symbole même de la royauté chrétienne française avec la fondation des principes républicains de la France. Que faut-il y lire ? Et quel sens donner à la contradiction voulue dans la phrase gaullienne ?

samedi 17 septembre 2016

Donald Trump est-il une ruse de la raison ?



Que révèle cette candidature ?

Démagogue, sexiste, raciste, grossier, simpliste, vulgaire, inconscient, … aucun épithète n’a manqué à l’appel dans les jugements portés sur Donald Trump, y compris et en premier lieu en provenance de son propre camp politique.

Je refuse de rentrer dans ce débat, de rentrer dans cette guerre des jugements et des alertes. Il est impossible à ce stade de savoir qui est Donald Trump, quelle est la mesure de ce qu’il pense sincèrement et du personnage qu’il joue, des dérapages voulus ou non contrôlés, de la part de bêtise ou de provocation savamment calculée.

Certaines interviews suggèrent que le personnage est plus complexe qu’il n’y paraît, que la folie de nos interventions au moyen-orient qui ont plongé le monde dans le chaos lui est évidente, qu’il paraît presque sage sur ces sujets. Ses déclarations publiques sont quant à elles inquiétantes, mais à un point tel qu’en sonner l’alerte est un truisme.

Aussi la question n’est pas tant de s’horrifier de la candidature de Donald Trump que de savoir ce que signifie qu’une telle candidature ait été rendue possible. Quelles sont les vagues de fond plus profondes qu’il est possible de détecter, derrière le fait que le candidat élu et désigné des républicains est à présent un tel homme ?

vendredi 26 août 2016

Un vrai festival


Je ne voulais vraiment pas en parler, tant le sujet relevait pour moi de l’évidence. Apparemment, à part chez quelques individus et veilleurs indépendants, toute pensée un tant soit peu cohérente a été définitivement anéantie dans la sphère politico-médiatique.

La question du burkini n’est en rien un débat sur la liberté de choix, sur la tolérance de nos sociétés, sur « le droit à s’habiller comme l’on veut », comme j’ai pu le lire sous la plume de quelques ravis de la crèche néo-libéraux ou socialistes.

Placer la discussion sur ce terrain serait revenu à défendre en 1933 le droit aux fringants jeunes gens nommés les SA de porter ces jolis brassards ornés d’une croix gammée, comme s’il s’agissait d’un simple choix vestimentaire.

Le burkini n’est ni un choix vestimentaire parmi d’autres, ni un signe religieux, ni même un vêtement propre aux femmes d’une communauté. Le burkini est un uniforme, un vêtement de combat d’une armée totalitaire en ordre de bataille, ne rêvant que de faire la peau à l’occident et plus généralement d’écraser tous ce qui n’est pas eux. Qui plus est, ces rêves de destruction et de domination sont devenus leur seule raison d’être et le seul moteur de leur existence, sans qu’aucun accomplissement positif ne vienne s’y glisser.


jeudi 28 juillet 2016

Trois cibles et trois leurres



La situation est telle que nous semblons être cernés de toutes parts, sans savoir laquelle des menaces est la plus critique : néolibéralisme, islamisme ou corruption et lâcheté de l’état détourné à des fins personnelles ?

Savoir lesquelles sont les causes, lesquelles les effets, comment trouver des parades, et laquelle des trois est la plus critique nous est difficile. D’autant plus que la pression de l’urgence et la dégradation maintenant quotidienne de notre société sont propices à la panique.

Dans de telles situations, il faut garder la tête froide, affronter les menaces une par une, en gardant surtout le sens des priorités.


jeudi 14 juillet 2016

Le bonheur d'être rouge

Je ne suis pas communiste, loin s’en faut. Je ne peux cependant me départir d’une sorte de tendresse vis-à-vis de certains d’entre eux.

J’entends déjà pousser de hauts cris. Ne venez pas me rappeler les crimes staliniens, ceux des autres dirigeants de l’URSS ni ceux d’autres régimes communistes. Ne prenez pas cette peine, je ne vous les contesterai pas.

Ne cherchez pas non plus à me convaincre de l’échec prévisible de toute économie planifiée, ni du caractère incontournable de l’économie de marché : ceux qui me lisent m’ont vu en faire plus d’une fois la démonstration.

Ce n’est pas de cela dont je vais vous parler. Je vais commencer par une part affective, qu’il m’est impossible de renier. Celle d’un grand-père communiste qui, par conviction de la valeur de la connaissance, mettait toutes ses dernières énergies à m’apprendre à lire le plus tôt possible, me léguant un bagage inestimable.

samedi 2 juillet 2016

Le véritable clivage du Brexit



Le souffle de l’apocalypse tant annoncée par les thuriféraires de l’UE étant retombé en une semaine, et le résultat étant ce qu’il est malgré les menaces dignes du « Parrain » de la part du président de la commission, beaucoup de commentateurs ont cherché à comprendre quelles lignes sociales le Brexit avait tracées.

Gaspard Koenig en a entrepris une première « analyse » dans le Figaro Vox, dont la tonalité confine bien davantage au mépris et à la haine profonde qu’à la volonté de comprendre. 
 



Vu selon son prisme, les partisans du Brexit sont nécessairement des brutes sous-éduquées, l’attachement à un état nation la pierre angulaire de tous les fascismes et de toutes les guerres, jusqu’à réclamer que Londres fasse sécession du reste du Royaume-Uni, tout en dénonçant les « fictions de romancier » de ses adversaires...


Gaspard Koenig ne semble pas le moins du monde gêné par ses propres méthodes d’argumentation, qui outrepassent ce qu’il reproche aux plus arriérés de ses adversaires : mépris, appel à la haine, essentialisation de celui qui est en désaccord avec lui, considéré comme un être inférieur.