Musashi

Une communauté fraternelle d'hommes libres et déterminés, en alternative aux pièges de la société moderne

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mardi 7 juin 2016

Je suis un sale con néo-réactionnaire et j'en suis fier


Si vous êtes un branlotin néo-libéral ne connaissant rien au vrai monde de l’entreprise, un militant du NPA luttant contre les méchants capitalistes et servant la soupe à Tariq Ramadan, un électeur convaincu par « Les Républicains » (je ris !) ou le « Parti socialiste » (je pleure de rire !) pensant que l’on peut encore raccommoder le contrat social dans ce pays sans mesure radicale, un militant du FN pensant que le renouveau viendra d’un mélange de vieux fond moisi d’OAS et de nouveaux arrivistes formés au marketing politique, ne lisez pas.


mardi 24 mai 2016

Un monde vide de sens, vraiment ?


Même le vide a ses raisons, que la raison n’ignore pas. Il y a bien un message véhiculé par nos sociétés modernes, que nous devons décrypter

La plupart des critiques de notre société post-moderne, et partant de ce que sont devenues nos démocraties occidentales, dénoncent une ère du vide.

La tentation d’un retour à des régimes autoritaires ou la fascination exercée par les différentes formes de luttes violentes contre nos démocraties – à commencer par l’islamisme – seraient dues à la vacuité de nos propres sociétés, à leur incapacité à donner du sens à la vie en communauté.

Les arguments en faveur de cette thèse sont connus : l’individualisme forcené du monde moderne, son consumérisme comme but en soi, son règne des apparences du spectacle et de la frivolité participeraient de cette éviction du sens. Il n’y aurait nul but autre que réaliste et commercial, et pour les défenseurs irréductibles du post-modernisme ceux qui prétendraient le contraire doivent être taxés de dangereux idéalisme.


mercredi 11 mai 2016

Trois théorèmes du management


1. Théorème de la rentabilité

Toute recherche immédiate et aveugle de rentabilité aboutira à des pertes considérables de rentabilité.
Illustrations :

La diminution du prix des composants ou des équipements :

Comprimez vos coûts de production en rognant sur le moindre composant, sans connaissance du fonctionnement industriel d’ensemble de votre produit ou de votre service.

Vous obtiendrez alors une automobile haut de gamme dans laquelle il n’est pas possible de téléphoner en connexion bluetooth, une assurance ou un service juridique ne couvrant plus qu’un pourcentage dérisoire de ses clients, un call-center incapable de renseigner des personnes ayant besoin d’aide, un système informatique défaillant parce que le prestataire engagé pour le développer aura été étranglé financièrement par votre service achats.

vendredi 6 mai 2016

La renaissance de l'auto-gestion


L’alternative et l’exemple

La critique du libéralisme d’aujourd’hui place les débatteurs dans une position inconfortable. Nous sentons tous que nous arrivons à une limite de l’économie de marché, par son incompatibilité croissante avec une vie sociale stable, par l’absurdité d’une césure humaine entre cohortes de chômeurs et employés en surmenage, par un étirement des inégalités devenu obscène, laminant ce socle des sociétés démocratiques que sont les classes moyennes.

Tous jouent par obligation le jeu du monde de l’entreprise, mais chacun le déteste secrètement, sachant pertinemment qu’il n’a plus rien à voir avec l’esprit d’entreprise, qu’il n’est plus qu’un asservissement, qu’il porte les usurpateurs au pouvoir et non les meilleurs.

Nous ressentons tous le besoin de briser ce cercle de la non-raison, mais comment procéder ? Certains plaideront pour davantage de libéralisme : selon eux, le problème ne provient pas de l’économie de marché, mais du fait que nous ne sommes pas allés encore assez loin dans celle-ci.

Les tenants de cette thèse ont-ils lu Paul Watzlawick, penseur pourtant étiqueté libéral : face à une solution qui ne marche plus, l’un des travers humains est de rajouter encore plus de celle-ci. Le libéralisme devient ainsi l’inverse de sa finalité initiale : une incantation et non l’action de la raison critique en économie.

La critique ne suffit pas : celui qui n’a pas de contre-proposition et de projet de société se perdra en velléités ou en agressivité pure. En politique, la valeur de l’exemple surpasse tout discours.


vendredi 22 avril 2016

Géant


Le mouvement « nuit debout » avait suscité un espoir initial. Certains - dont des amis et auteurs proches – y voyaient une version politiquement à gauche des « veilleurs ». L’analogie était tentante, à qui cherche un peu de lumière dans ce monde qui en manque tant.

On pouvait voir dans les deux mouvements un rapprochement de ceux qui refusent la marchandisation généralisée de l’humain, la réduction de la conscience à l’intérêt égoïste, la déliquescence et la perte de sens d’un monde qui n’est même plus soumis à la loi du plus fort mais du plus arnaqueur et du plus tordu.

L’appel à toutes les bonnes volontés, par-delà les clivages politiques, est un espoir dans lequel tout le monde veut croire. Les jeunes de « nuit debout » semblaient lancer cet appel à ceux des « veilleurs », à travers le témoignage de la flamme restée allumée dans la nuit.


Nous savons aujourd’hui qu’il n’en est rien. « Nuit debout » est un mouvement qui n’a pas eu le premier courage de la liberté : celui de s’engager sur une thèse qui prend le risque d’affronter la discussion critique, ni de mener des actions constructives ayant la valeur de l’exemple.

Au lieu de cela, il s’est vautré au mieux dans une foire aux états d’âme de post-adolescents, au pire dans des actions violentes de casseurs et de démagogues. Il nous a donné le spectacle supplémentaire de la régression infantile de la gauche radicale, et incarne à merveille l’une des facettes de la déliquescence du monde néo-libéral dont il prétend être l’adversaire.

Sa phase terminale est confirmée, car nous entendons déjà glapir les obscènes récupérateurs - terroristes directs et indirects - qui se repaissent de ce genre de mouvement, accompagnés de leur habituel carnaval de fausses causes et de justiciers de pacotille.

mardi 19 avril 2016

PIB en parité de pouvoir d’achat : quand l’instrument de mesure trahit les rêves secrets du FMI


Le FMI a publié récemment son classement comparatif des puissances mondiales, selon un nouveau mode de calcul : le PIB en parité de pouvoir d’achat.

La nouvelle a soulevé quelques débats, notamment parce que selon ce nouveau moyen de mesure la France doit être considérée comme la 9ème puissance économique mondiale, au lieu du 6ème rang que lui confère l’ancien calcul en PIB brut.

La discussion est vite retombée, et semble avoir été bien plus provoquée par le résultat final et le soufflet adressé à la France, que par l’analyse économique de fond.

La superficialité médiatique est une fois de plus regrettable, car la publication de ce résultat par le FMI est porteuse d’informations très importantes.

Ce qui n’a pas été observé est que l’adoption du nouveau moyen de mesure par le FMI trahit un point au moins aussi critique que le résultat de la mesure elle-même. Lorsqu’un organisme économique change de méthode statistique, cela signifie qu’il a décidé de chausser de nouvelles lunettes pour appréhender la réalité. Et le changement de point de vue trahit aussi l’évolution d’une mentalité interne.

samedi 16 avril 2016

Kaze no Shō - Le livre du vent, ou l'esprit de sacrifice


Quel est le concept le plus scandaleux ? Le parfait contre-courant du discours « moderne », vous reléguant au sein des plus réactionnaires, dérangeant le confort douillet du camp du bien, choquant au point d’être incompréhensible pour l’ « homonculus economicus » (le véritable nom que celui-ci mérite).

Les discours de haine ou ceux se voulant « anti-système » n’ont absolument rien de subversif : ils sont d’excellents idiots utiles et ne font que renforcer par contraste la vulgate post-moderne dans ses convictions, dans sa suffisance tranquille de détenir la vérité absolue. Ces discours font d’ailleurs partie intégrante du post-modernisme. Ils suivent son paradigme commun de vouloir faire parler de soi à tout prix, de « créer le buzz », de s’adonner au goût du spectaculaire, des pensées faciles et rapides.

La notion la plus subversive,  placée de surcroit au fin fond de la ringardise, défaut de nos jours beaucoup plus grave que la faute morale, est le sacrifice. Se sacrifier, parfois jusqu’à donner sa vie, pour les valeurs que l’on veut défendre.